BASKETBALL

La saison des Sixers a beau être d’un ennui mortel, nerlens-noelils ont de bonnes raisons d’espérer des jours meilleurs grâce à la présence de Nerlens Noel.

« Quand je suis entré dans le vestiaire, j’ai vu Nerlens avec la tête baissée et deux serviettes sur lui. Nous sommes au mois de mars et on a remporté que 18 matches. C’est quelque chose qui lui fait mal et c’est ce que j’aime chez lui ». Ne croyez pas que Brett Brown ait développé des tendances sadiques. L’ancien adjoint de Gregg Popovich chez les Spurs préférerait sans doute voir Nerlens Noelet ses coéquipiers célébrer des succès plus fréquemment. Mais le comportement qu’il a apprécié chez son rookie, resté sans voix et très marqué devant son casier après la défaite à Cleveland la nuit dernière, en dit long.

Noel est aujourd’hui la figure de proue d’une franchise dont personne ne comprend réellement le bien-fondé de la stratégie à court ou moyen terme. S’il sait qu’il a du temps devant lui (il n’a que 21 ans), chaque défaite est pour lui un affront inadmissible, surtout lorsqu’il a la possibilité de donner l’avantage aux siens dans les derniers instants d’un match. Malheureusement pour l’ancien protégé de John Calipari à Kentucky, le ballon a été capricieux et est ressorti du cercle, empêchant Philly de contrarier les Cavs sur leur parquet.

Aucun rookie n’avait inscrit au moins 30 pts et 11 rbds depuis Blake Griffin.

Il faut dire que l’Haïtien d’origine sortait d’un match à 30 points et 14 rebonds contre les Clippers quelques jours plus tôt, une performance censée lui faire passer un nouveau cap en termes de confiance. Aucun rookie n’avait en effet bouclé un match à au moins 30 points et 11 rebonds depuis un certain Blake Griffin en 2011. C’est justement sur le All-Star des Clippers que Noel a pour le moment calqué son parcours en NBA, acceptant de connaitre une saison blanche pour mieux exploser ensuite. Sauf que le manque d’intérêt du public pour les matches de Philadelphie a rendu ses prestations invisibles ou presque aux

Pourtant, au-delà de statistiques (9.9 points, 8.1 rebonds et 1.9 contre) qui paraîtront forcément moins flatteuses que celles de « Quake » à l’époque aux drogués du chiffre, Nerlens Noel mérite d’être dans la discussion pour le titre de rookie de l’année. S’il ne l’emportera pas vu le peu d’exposition dont il a bénéficié en comparaison d’Andrew Wiggins, l’important est que malgré les lacunes techniques qu’il affiche souvent en Pennsylvanie, notamment en attaque, l’intéressé a tout pour être l’une des attractions de la NBA à l’avenir. Défensivement, le garçon a toutes les armes pour devenir un protecteur de cercle et un garde du corps agressif et malin dans la raquette. Au mois de mars, on l’a clairement vu franchir un palier sur le plan mental et sur sa capacité à répéter les efforts et les performances haut de gamme.

« Il n’est pas évident de répéter ce type de performances et de sortir de telles stats. Il change complètement le jeu. Il a une grosse présence défensive quand il s’agit d’être là pour contrer les shoots. Il continue de progresser à ce stade de la saison et de franchir les étapes. Nous sommes tous très heureux qu’il aille dans cette direction », a salué Brett Brown récemment.

Reste à savoir si « la bonne direction » empruntée par Nerlens Noel incitera les Sixers à choisir eux aussi une voie ambitieuse. Dès l’an prochain, se posera la question de la cohabitation entre Noel et Joel Embiid, le pivot camerounais drafté en 3e position l’été dernier et qui a été contraint d’adopter le même schéma que le #4 de Philly. La franchise sera-t-elle en mesure de conserver les deux hommes, surtout si elle a l’opportunité de sélectionner l’un des deux big men les plus prisés de la prochaine cuvée…

 

 

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