ARTS MARTIAUX

Des « badistes », pratiquants du badminton, ont décidé, il y a quelques mois, de s'organiser formellement et ont créé un club dénommé Haïti Badminton Club. Suite à la création de la Fédération Haïtienne de Badminton, le Nouvelliste a rencontré les membres de Haïti Badminton Club qui ont réagi sur le processus mis en place pour élire le comité exécutif de cette nouvelle fédération. Certains membres de l'association qualifient cette initiative d'illégale et d'arbitraire, vu qu'à l'intérieur de ce comité, ne figurerait aucun pratiquant de cette discipline. Une association toute « jeune » Haïti Badminton Club, qui a pris formellement naissance le 18 novembre 2010 à Port-au-Prince, rassemble plusieurs « badistes » (ou joueurs de badminton) de grande expérience, mais aussi des néophytes. A date, le club compte une trentaine de membres inscrits et évolue au Gymnasium Vincent de la rue Romain, malgré les travaux de rénovation en cours, ainsi qu'à la Faculté des Sciences Humaines de l'UEH. Haïti Badminton Club prône l'amour du jeu et veut faire briller l'étoile du badminton en Haïti. L'une de ses priorités, définie lors de l'assemblée générale fondatrice, était de conduire des activités visant à la mise en place des structures capables de développer à l'avenir la pratique de cette discipline, à l'échelle du territoire national. Les fondateurs d'Haïti Badminton Club se réclament de l'héritage des pionniers de ce sport en Haïti. Miguel Labossière, secrétaire général du club, mentionne notamment Alix Pasquet et Claude Roumain qui implantèrent le jeu dans le pays dès 1948, mais aussi leurs successeurs, Fritz Berrouet, Clermont Laroche, Benjamin et autres dans les années 70 et enfin, plus près de nous, Gérard Berrouet, Michel Simon et Claude Taluy vers la fin de la décennie 80. Pour ne citer que ceux là ... Un des hauts lieux de pratique de cette discipline était la propriété de la famille Berrouet, sise à la rue Camille Léon. Plusieurs membres de Haïti Badminton Club ont évolué sur ce terrain en terre battue. Au début des années 1990, une compétition à l'initiative de Georges Berrouet s'était déroulée au Gymnasium Vincent. Georges Vilain et Miguel Labossière en étaient sortis respectivement champion et vice-champion. Haïti Badminton Club et la Fédération Haïtienne de Badminton Etonnamment, les rapports de HBC avec la nouvelle Fédération Haïtienne de Badminton ne sont pas au beau fixe.

« Je suis très étonné à l'annonce dans la presse de la création de cette dite fédération sans la présence de pratiquants du badminton », a déclaré Frantzy Valentin, conseiller de Haïti Badminton Club. Si Frantzy Valentin est d'accord pour prendre contact et se réunir avec cette fédération de badminton nouvellement créée, d'autres membres du club ne partagent pas le même avis et pensent qu'il reviendrait plutôt au comité exécutif de la dite entité de venir rencontrer ceux qui sont bien imbus du badminton au pays, afin de définir une stratégie globale de développement et de structuration. « Quelle est la légitimité de cette Fédération ? », s'est demandé le Dr Guy Marcel Craan, membre de HBC. « On devrait s'interroger sérieusement sur le respect de certains principes démocratiques : Y a t'il vraiment eu des élections ? Si oui, quelle entité les a organisées ? Comment s'est effectué le recueil des candidatures ? Y a-t-il eu convocation publique ? Quels clubs ont siégé lors de ces élections ? » a-t-il poursuivi. « S'il s'agit d'un Comité d'initiative, ayant pour objectif de mobiliser les acteurs intéressés à la création d'une fédération, on peut accepter une certaine souplesse. Mais si on parle d'une véritable fédération, le processus doit répondre à certaines exigences, sous peine d'être assimilé à une manoeuvre d'usurpation ? ». Pour sa part, le Dr Mario Laroche, président de Haïti Badminton Club, souligne que tout le monde est déçu de la façon dont cette fédération a été créée, mais se dit ouvert au dialogue malgré les réserves de certains pratiquants et d'autres membres de l'association. Il attend aussi de connaître la position officielle du Comité Olympique Haïtien qui semble étroitement lié à cette initiative. « Ce qui est le plus important, affirme le Dr Laroche, c'est le développement du jeu, surtout au niveau des établissements scolaires où un travail avait déjà commencé. Certains membres du club sont, depuis 1994 et aujourd'hui encore, moniteurs de badminton au sein de plusieurs établissements scolaires de la capitale. Il est aussi important de fédérer les nombreux joueurs de badminton éparpillés ici et là. ». Et de conclure : « Haïti Badminton Club entretient déjà des relations avec d'autres groupes de pratiquants qui évoluent à Port au Prince et en province : à l'Ecole Virginie Sampeur - avec Raymond Lafontant Jr, JeanRobert Argant et compagnie, à Frères - chez Ketly Mars et les Duret, au Gymnasium du Cap et aux Cayes. Nous poursuivrons les efforts en vue de promouvoir le badminton dans le pays. Les conditions de pratique sont loin d'être satisfaisantes et il y beaucoup de travail à faire. ».

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