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Depuis le Prémondial de football en 1973 qui a vu Haïti se combat 1qualifier pour combat 4la Coupe du monde de 1974 en Allemagne, pour la première fois, un événement sportif majeur, de dimension internationale, a lieu dans notre pays, et qui a permis à deux étoiles de la boxe haïtienne de remporter chacun un titre régional.

Intarissable quand on aborde avec lui le sujet football ou boxe, Jacques Deschamps fils, qui vit cette passion depuis des lustres, a réussi un grand coup samedi soir au Karibe Convention Center (Juvénat) en ouvrant la route d’un championnat du monde à deux boxeurs haïtiens, Evens Pierre et Azéa Augustama. Ils ont remporté avec succès, devant leur public, le titre de champion WBA FEDELATIN. Le fils de Cité-Soleil a contraint à l’abandon à l’appel du 11e round le Nicaraguayen René Gonzalez, ancien champion WBA FEDELATIN. Il en est de même pour Augustama (à la 2e reprise) face au Dominicain Andy Perez pour le titre des mi-lourds.

Entre ces deux combats, Edgar Sosa (Mexique) et Carlos « Shangaï » Melo (Panama) offraient une belle démonstration de boxe. En 10 rounds, le Mexicain l’emportera aux points, comme c’est le cas pour la Jamaïcaine Alicia Ashley devant Gracia Nova de la République Dominicaine dans un combat en huit reprises, un match plein qui montre, s’il en était besoin, que la boxe féminine est pleine de ressources et de beaux atouts.

D’entrée, trois combats amateur avaient mis l’eau à la bouche des spectateurs. Sous le regard satisfaisant de Pierre Eddy Daniel, président de la Fédération de boxe amateurs, de jeunes athlètes, dont des qualifiés pour les Jeux Centre Amérique et Caraïbes- qui se dérouleront à Vera Cruz (Mexique)-, avaient mis en appétit un public composé de jeunes et d’adultes très vite en liesse dès l’entrée en scène des boxeurs professionnels haïtiens.

Evens et Azéa chauffés à blanc

Très tôt, les spectateurs avaient pris place dans l’auditorium du Karibe et les conversations tournaient autour des chances d’Azéa et d’Evens de remporter la précieuse ceinture. Le moment venu, et aux cris « Azéa, Azéa », un groupe de fans posté à l’entrée de la salle allait faire des ovations électriques à l’ex-représentant d’Haïti aux Jeux Olympiques de Beijing (Chine). Une fois annoncé par le maître de cérémonie, le célèbre présentateur à la télévision panaméenne, Hector Villareal, Azéa se montre prêt à en découdre avec le Dominicain Andy Perez.

Dans un centre de convention du Karibe Hôtel transformé en arène, certains spectateurs n’avaient pas hésité à évoquer la polémique entre Haïti et la République Dominicaine (suivez mon regard), ce qui a pour conséquence les galvaniser pendant tout le combat.

A l’entame du match, Perez, réputé pour sa force de frappe (19 victoires dont 18 par KO et un un seul revers) semble prendre un léger avantage. Mais, Augustama n’attendra pas longtemps pour mettre à profit sa meilleure allonge et son plus grand gabarit. Dans sa rage de vaincre, sous les vivats de son public, il dominera la seconde reprise en se ruant sur son adversaire. Le combat sera court et violent : ce sont des échanges de coups de massue, pas de boxe en finesse. Azéa encaisse bien les frappes du Dominicain, montrant la solidité de sa mâchoire. Le 2e round est pareil : les deux gladiateurs se frappent puissamment, mais le boxeur dominicain ne peut continuer. C’est une impressionnante victoire pour Azéa Augustama qui donne à Haïti son premier titre de la soirée.

Un autre combat intéressant est ensuite celui de l’ex-champion du monde des poids mouches, Edgar Sosa du Mexique, poulain de Jacques Deschamps Fils, face à Carlos Melo du Panama. Le combat ira jusqu’au bout des dix rounds prévus, un affrontement dominé par Sosa qui fait étalage de ses coups en combinaison et de sa puissance supérieure face à un adversaire courageux, mais obligé de subir la loi du Mexicain. Les trois juges déclarent Sosa, vainqueur de tous les rounds.

Enfin, le chou de cette soirée du 9 novembre est le combat qui oppose le fils de Cité Soleil, Evens Pierre (23 victoires, une défaite, 16 KO) au très remuant René « Super Chirizo » Gonzalez (31 victoires, 6 défaites, un nul, 23 KO) du Nicaragua pour le titre WBA FEDELATIN des poids légers. Fortement appuyé par le public, Pierre réalise le combat qu’il fallait faire : face à un rival fougueux, doté d’un punch redoutable. Evens exécute à la perfection un plan de bataille qui consiste à utiliser sa taille peu commune pour un poids léger, son allonge, sa mobilité. Les jabs du jeune Haïtien martyrisent Gonzalez qui cherche en vain la bagarre à courte distance. La frustration du Nicaraguayen est évidente à mesure que le combat avance : la majorité de ses coups se perdent dans l’espace alors que le boxeur haïtien le punit sans merci, alternant des jabs précis et des directs qui prennent graduellement leur ascendance sur le Centre-américain. De temps en temps, Gonzalez arrive à frapper Pierre, mais cellui-ci encaisse sans problème et répond par des coups en rafales. A mesure que le combat avance, la domination de l’Haïtien se fait plus claire et le visage de Gonzalez montre l’évidence du châtiment auquel il est soumis. A la fin du 10e round, c’est le coup d’éclat : le vétéran nicaraguayen ne sort pas pour le 11e et dernier round. C’est l’apothéose pour Evens Pierre : il est le nouveau champion de la WBA FEDELATIN. Ses fans venus de Cité Soleil trépignent de joie. Aujourd’hui, le promoteur Jacques Deschamps Fils doit être content : deux boxeurs haïtiens s’apprêtent à accéder aux classements mondiaux de la AMB (Association mondiale de la boxe), porte qui ouvre la possibilité de boxer éventuellement pour un titre mondial. Le cas d’Evens Pierre est particulièrement intéressant, vu qu’il serait le premier boxeur local, élevé en Haïti, pur produit de la persévérance de Jacques Deschamps Fils. « Evens, c’est un Haïtien tout net, pas Haïtien-Canadien ou Haïtien-Américain. Nous l’avons déniché et nous l’avons emmené à bon port, à la porte d’un titre de champion du monde. J’espère qu’il y a aura d’autres Evens dans la jeunesse haïtienne pour, justement, donner de l’espoir à cette jeunesse et montrer que le travail et la volonté portent leurs fruits ».

Raphaël Féquière           

   

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