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Jimmy Colas :"Je veux disputer un championnat du monde"

Le boxeur haïtien Jimmy « Pitbull » combat_9Colas a franchi le rubicon. Il est parti à la conquête du continent américain et le 18 décembre dernier sur sa terre natale d'Haïti a remporté le titre WBC-Latino (par intérim) en pulvérisant son adversaire dominicain Junior Ramos en deux petits rounds. Un succès qui augure bien pour la suite de sa campagne outre-Atlantique. Jimmy Colas au micro de France Boxe parle de ses plans futurs.


« Alors, Jimmy, cette victoire en Haïti ? Dans le premier round, tu t'es couvert ensuite, au suivant, tu as pris l'initiative. Tu veux raconter ?
- Oui, mon adversaire a cherché la bagarre dés le début. Il avait un sacré gabarit et frappait fort. J'ai laissé passer la tempête. J'ai vu qu'il soufflait à la fin de la reprise et donc, au deuxième round, j'ai attaqué. Je l'ai mis K.-O. avec un court crochet. Je suis content d'avoir remporté un titre pour mon premier combat à Haïti.

-Tu penses donc continuer à boxer là-bas ?
-Comme tu sais, j'ai signé avec la société Boxe Internationale de Jacques Deschamps Fils et, oui, je pense reboxer à Haïti mais également aux États-Unis, au Canada et à Panama. Cela ne veut pas dire que je ne boxerai plus en France et en Europe. En fait, je voudrais bien défendre mon nouveau titre en France.

-Pourquoi ce changement dans ta carrière ?
-Bon, j'ai 29 ans et je veux disputer un Championnat du monde. Je m'excuse mais en France je stagnais. Ensuite, je me suis lassé d'être la bête noire des juges, surtout après mon combat contre Bertu. Je voulais un promoteur qui puisse me donner une orientation claire et précise... Et un nouveau souffle à ma carrière.

 

-C'est le cas avec ton nouveau promoteur ?
-Oui ! Jacques Deschamps Fils connaît bien la boxe aux États-Unis et il a des contacts partout dans le monde. Ensuite, et c'est très important : il ne vit pas de la boxe. C'est un important homme d'affaires. Il est dans la boxe par amour de ce sport, pas par intérêts. Il a les moyens économiques et les contacts nécessaires. Nous formons une bonne équipe.

-Tu te plains des juges en France et en Europe. Tu veux déveloper ?
-Sur mes six défaites, je considère avoir au moins trois revers aux points qui sont de la pure fiction. Et je l'attribue au fait d'avoir toujours été indépendant et ne pas avoir un promoteur qui défendait mes intérêts. Mais tout cela, c'est du passé. Je regarde vers l'avenir.

-En Haïti, tu es monté sur le ring avec le drapeau français et haïtien. Les deux hymnes ont été joués. Cela reflète ce que tu ressens ?
-Tout à fait. J'ai deux mères : ma mère biologique, Haïti, et ma mère adoptive, la France qui m'a tant donné.

-Les boxeurs haïtiens ont fait parler d'eux ces dernières années : Joachim Alciné et Jean Pascal (Canada), André Berto (États-Unis). Ton opinion là-dessus ?
-Ils reflètent ma propre expérience, celle de l'immigration. Cela démontre que tu peux si tu veux. Bien sur, au départ, c'est dur d'être immigrant. Mais l'important c'est d'avoir de l'ambition, pas de jouer les victimes.

-Alciné, le natif d'Haïti, ex-champion du monde est dans ta catégorie. Tu te battrais contre lui ?
-Bien sûr. C'est un business. Je suis serais prêt à aller à Montréal et que le meilleur gagne.

-Qu'est-ce que cela t'as fait de boxer en Haïti, ta terre natale ?
-Beaucoup d'émotions bien sûr parce que, bien qu'ayant laissé Haïti à l'âge de neuf ans, ce sont mes racines, mon sang. Et puis le public a compris et a respecté mon insistance sur les deux drapeaux, les deux hymnes.

Tu as des ambitions là-bas ?
-Je voudrais peut-être ouvrir une salle de boxe pour aider les jeunes, trouver un gosse qui a du talent. Donner de l'espoir. Être un modèle de réussite pour un gamin.

-Et, maintenant, quel est ton prochain combat ?
-Jacques Deschamps Fils me le dira. Ce que je sais c'est que je suis gonflé à bloc et prêt à conquérir l'Amérique. Faire flotter le drapeau tricolore à Las Vegas. Au MGM... Ce serait épatant.

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