FOOTBALL

Johnny Placide_copy_copyLe portier international haïtien Johnny Placide, libre depuis le mois de juin, n'a toujours pas de club. Il affirme attendre avec impatience  son heure pour revenir au meilleur niveau. Dans une Interview accordée à nos confrères Français de MadeinFOOT, le portier haïtien est revenu sur cette période difficile qu'il connaît depuis son départ du Stade de Reims en mai 2016. L'international haïtien dit regretter, d'une certaine manière, d'avoir tenu des propos qui ont terni son image et qui, selon lui, sont en grande partie à la base de sa situation actuelle, où il a du mal à trouver un nouveau club...

www.ashaps.com vous propose l'intégralité de son interview accordée au MadeInFOOT.

 

MadeInFOOT : Bonjour Johny, comment allez-vous et comment se passe ce début de mercato d'hiver ?

Johny Placide : "Bonjour Made In ! Je suis en bonne santé, donc je vais bien. Mais c'est sûr que c'est dur, c'est une épreuve difficile d'être sans contrat. On ne lâche pas et on espère que ça va bouger à un moment donné."

MIF : Depuis le mois de septembre, vous profitez des installations du Havre pour maintenir la forme. Comment s'est prise cette décision ?

JP: "Après le mercato d'été, je me suis demandé ce que j'allais faire. J'ai eu cette idée de retourner au Havre, mon club formateur. Ils m'ont très bien accueilli. Je m'entraîne avec eux depuis. Le but, c'était d'avoir un rythme de joueur professionnel, de m'entraîner tous les jours. Pour un club qui cherche un gardien, je pense que c'est mieux de continuer à m'entraîner."

MIF : Revenons, rapidement, à votre dernière sortie lors de la 38ème journée de championnat. Comment s'est passé la séparation entre Reims et vous ?

JP: "Reims ? Je n'ai pas trop envie d'en reparler. J'ai dit ce que je pensais, mais ça n'a pas plu. Les présidents, je ne les ai pas revus après la zone mixte. Ça c'est finit rapidement, avec un accord à l'amiable. Je ne me sentais pas spécialement en confiance à Reims. La situation des gardiens était très compliquée, la gestion aussi. Je ne pouvais pas être moi-même et performant au quotidien dans cette ambiance. Être gardien, c'est un poste particulier, tous les week-end d'attendre de savoir si on va jouer, c'était dur. Maintenant c'est terminé, je n'ai pas envie de jeter la pierre à qui que ce soit. Mais si c'était à refaire, je ne le referais pas, vu comment cela se passe en ce moment."

MIF : À 28 ans, vous êtes encore un gardien jeune. Avez-vous des contacts en France, que ce soit en L1 ou L2 ?

JP : "Des contacts ? Non, c'est ça qui est le plus surprenant. Avant d'arriver à Reims (2013, ndlr.), j'avais quelques touches de clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, même quand j'étais à Reims. Je ne sais pas si c'est cette histoire (le clash lors de la 38ème journée de championnat) qui a fait que les clubs se retirent, mais c'est vrai que depuis que j'ai rompu mon contrat avec Reims, il n'y a pas eu de contact concret. Je dois être l'un des seuls gardiens libres, je ne m'attendais pas à ne rien avoir à la fin du mercato d'été. Même en Ligue 2, je n'ai pas eu de contact..."

MIF : Il y a bien eu des rumeurs autour d'Angers l'été dernier...

JP : "Oui c'est vrai, il y a eu des discussions entre le SCO et mon agent après la blessure de Letellier. Je pense qu'il y a eu des coups de téléphones qui ont été passés mais ça ne s'est pas fait."

MIF : Quel challenge pourrait vous intéresser aujourd'hui ? Une aventure à l'étranger ?

JP : "Bien-sûr que ça me plairait. Au mercato d'été, je m'étais fixé des objectifs, pourquoi pas tel ou tel pays. Mais au fur et à mesure que l'été passait, on élargit les critères. Mais pour prendre ce qu'il y a à prendre, il faut des propositions. Mais il n'y en a pas, alors voilà. J'ai eu une proposition d'un club exotique, c'était très bien financièrement mais au niveau sportif ça ne m'intéressait pas. J'ai encore des objectifs."

MIF : D'après nos informations, deux clubs du Top 6 grec se seraient penchés sur votre profil, dont le Panathinaïkos. Qu'en est-il de votre côté ? Avez vous déjà eu des discussions ?

JP : "On m'a déjà fait part des intérêts des clubs grecs. Aujourd'hui de dire « un club s'intéresse », ce n'est rien. Entre « intéressé » et une proposition, il y a un monde. La Grèce, c'est un bon championnat, ça me plairait, bien sûr. Et le Panathinaïkos c'est un grand club, ce n'est pas une petite équipe. Bien sûr que ça peut m'intéresser. L'objectif c'est de trouver quelque chose, et de rattraper le temps perdu. Rester un an sans jouer, même si j'ai la possibilité de m'entraîner avec le HAC, c'est sûr que j'ai envie de retrouver quelque chose."

MIF : Qu'est ce qui pourrait motiver une équipe à faire appel à vous ?

JP : "Je pense être quelqu'un qui peut rebondir et un assez bon gardien. J'attends qu'un club fasse le premier pas, que quelqu'un veuille bien essayer avec moi. Je me connais, je sais comment je suis, je suis un compétiteur et je sais que le jour où je reviendrai, j'aurai un état d'esprit autre qu'avant, revanchard. Vu qu'il reste la deuxième partie de saison, l'objectif est de trouver quelque chose pour les 4-5 prochains mois."

MIF : La compétition vous manque ?

JP : "Il n'y a pas que jouer qui me manque, mais de retrouver un groupe, un vestiaire, une vie de groupe, m'entraîner au quotidien et m'entretenir. J'ai ça au Havre, mais je n'ai pas d'objectif particulier avec eux, donc ce n'est pas pareil. On va à l'entraînement, c'est plaisant, mais il manque quelque chose. J'ai besoin de retrouver la compétition, un groupe, les entraînements. Ça me manque beaucoup, les matchs aussi. Réintégrer un groupe, déjà, ce serait pas mal."

MIF : Pourtant, vous êtes un gardien expérimenté, avec un bon bagage...

JP : "Je pense qu'en France, tous les clubs me connaissent. J'ai fait pas mal de matchs en Ligue 1, en Ligue 2. J'ai une certaine expérience, j'ai déjà montré mes qualités. Je pense que ce qui s'est passé à Reims, que ce soit la fin ou pendant, c'est resté dans la tête des gens."

MIF : Payez-vous une partie de la mauvaise saison rémoise (2015-2016) ?

JP : "La confiance c'est très important quand on est gardien de but, je l'ai perdue et c'était difficile d'être performant par la suite, à Reims. Moi, je marche à l'affectif, à la confiance, et quand je sens qu'il y a une certaine hésitation, elle se ressent aussi sur le terrain. Ce n'est pas une excuse, je n'ai pas envie de me plaindre. J'ai ma part de responsabilité, je n'ai, peut-être, pas été assez fort psychologiquement. Ce n'est pas parce que cela s'est mal passé à Reims que ça ne marchera pas ailleurs. Je reste le même joueur qu'avant, avec mes qualités."

MIF : Vous êtes donc ouvert à toute proposition, que ce soit dans un petit ou un grand club, voire la L2 ?

JP : "Je peux et veux me relancer, que ce soit un petit projet ou un gros. J'ai juste envie de retrouver une équipe, une bonne ambiance. J'ai l'impression qu'on m'a collé une étiquette d'un gars pas bien, qu'on a peur de moi (rires). Je suis un gars bien, j'aime bien rigoler et je ne suis pas méchant. J'ai du caractère oui, car je suis un compétiteur. Je n'aime pas perdre. Mais au delà de ça, je suis très respectueux, c'est ma matière première."

MIF : Vous pensez que vous avez une mauvaise image depuis la fin de votre aventure à Reims ?

JP : "Aujourd'hui, mon image est un peu ternie et ça me fait beaucoup de peine. Certains clubs sont réticents, je pense, avec l'histoire de l'interview, mais c'est dommage. J'ai des retours de clubs qui parlent de moi et les retours sont : « est-ce que c'est quelqu'un de bien ? Le gardien on le connait, mais est-ce que l'homme est bon ? » C'est ça les retours que j'ai, ça me fait de la peine car je dois me justifier."

MIF : L'attente est longue ?

JP : "Trop même. C'est une période difficile, ça fait des mois et des mois que j'attends. Tous les jours, on y pense, on ne dort pas très bien et le matin on se réveille en espérant qu'il se passe quelque chose. Dès que quelqu'un appelle, je cours sur le téléphone. Quand je vois un numéro que je ne connais pas, je suis content. Au quotidien c'est très compliqué..."

.